MEDIATHEQUE
LUCIEN HERR

Ville de Saint Jacques de la Lande

Films documentaires | production régionale 2008

Production bretonne : la sélection 2008

Le Petit blanc à la caméra rouge
Documentaire / Bretagne / 52 min / 2007 / Coul.
Réalisation: Richard Hamon
Production: Vivement Lundi / France 3 Ouest / Cinémathèque de Bretagne
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"Le petit blanc à la caméra rouge" c'est René Vautier : héros de la Résistance, à peine sorti de l'Hidec, il est chargé par la ligue de l'enseignement en 1949 de réaliser un documentaire sur "comment vivent les villageois d'Afrique Occidentale Française".
C'est un brûlot anti-colonialiste intitulé "Afrique 50" qui verra le jour et qui vaudra à son auteur diverses condamnations. Le film sera interdit jusqu'en 1990.
Le documentaire de Richard Hamon ne s'attache pas uniquement au destin hors du commun de René Vautier et dresse un panorama fort complet de la lutte anti-coloniale au début des années 50.

Examen d'entrée
Documentaire / Bretagne / 52'/ 2007/coul.
Réalisation: Marie-Laurence et Franck Delaunay
Production: Candela Productions.


Se sentir ici comme chez soi, lorsqu'on est un jeune étranger s'installant en France, demande beaucoup d'efforts, de courage et de temps.
Une jeune polonaise de 19 ans, Miléna, rejoint son compagnon à Rennes où il travaille depuis peu dans une menuiserie. La jeune femme ne parle pas un mot de français et souffre de solitude et de l'éloignement. Le couple qu'elle forme avec son compagnon, Lukas, s'en trouve déséquilibré. Lukas a choisi de venir en France, Il parle le français, s'épanouit dans son travail, crée des liens tandis qu'elle subit un exil. Les difficultés pour trouver un cours de français sont un frein de plus, le découragement menace. Il faudra près d'une année pour qu'elle accepte pleinement sa nouvelle vie, en France. C'est elle-même, parlant maintenant le français qui commente, en voix off, toutes les difficultés qu'elle a rencontrées, les étapes franchies.
On suit avec intérêt la jeune héroïne dans son parcours sans pouvoir distinguer toujours les difficultés inhérentes à sa situation d'étrangère arrivée récemment ou à sa personnalité. Il aurait été intéressant de suivre l'expérience d'une autre personne en parallèle pour avoir une vue plus complète de cette période difficile où le nouvel arrivant construit un nouveau " chez lui ".

Football: l'intelligence collective
FC Lorient, une montée en ligue 1
Documentaire / Bretagne / septembre 2006 / 52' / coul.
Réalisation: Jean-Christophe Ribot
Production : Pois Chiche Films / Mosaïque Films.


Le football est un sport collectif, soit, mais il est généralement analysé comme une suite d'exploits individuels. Le propos du réalisateur Jean-Christophe Ribot, à travers l'exemple d'un club, celui du FC Lorient, est de démontrer que le football est bien un système complexe fait d'éléments en interactions et qu'il est difficile, pour en tirer partie, que d'en étudier une petite partie de façon isolée tant il y a d'intrications entre les membres
C'est à cette perception globale du jeu que nous convie le réalisateur et, comme tous systèmes complexes, il fait appel à différents témoignages pour en étudier le fonctionnement. L'appel à l'interdisciplinarité est intéressant car le réalisateur multiplie les points de vue : ceux de scientifiques (comme Joël de Rosnay), de sociologues ; d'entraîneurs (FC Lorient et AC Milan)....
L'alternance entre les interviews de spécialistes et les images des joueurs du FCL à l'entraînement est bien équilibrée et permet au film de trouver une respiration adaptée à sa problématique.
Un documentaire exigeant et une belle réflexion sur ce qu'est l'esprit d'équipe. Il nous donne à voir aussi une autre vision du football dans son approche plus scientifique.

Huis clos pour un quartier
Réalisation : Serge Steyer
Production: .Mille et une. Films / TV Rennes
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Lors de la naissance d'un lotissement, deux jeunes urbanistes vont à la rencontre des décideurs et leur proposent des idées neuves. Le suspense se crée autour de la question: les jeunes urbanistes verront-ils leurs idées se réaliser ?
L'angle d'attaque du film pourrait masquer les questions de fond qu'il traite : derrière la proposition du jeune couple d'urbanistes que le réalisateur suit, ce sont toutes les questions de l'urbanisation actuelle qui sont présentées. Existe-t-il un modèle unique de lotissement, duplicable à l'infini ? Quels effets auront sur la qualité de vie des habitants les choix effectués ? Le déroulement chronologique du film montre la chaîne des décisions entre les promoteurs, les élus, les architectes.
Dans "Huis clos pour un quartier " on prend la mesure de tout ce qui précède l'existence d'un quartier. On voit selon quels critères l'étendue des possibilités du projet de départ se restreint.

Le lavement des pieds
Documentaire / Bretagne / septembre 2006 / 55 min / Coul.
Réalisation : Thierry Massé
Production : Cinérgie Production / KTO.


1959. Un coup de foudre détruit l'église de Saint Tudual (près de Ploërdut) et il faudra attendre deux ans avant qu'elle ne soit reconstruite. Derrière l'autel, là où l'on peut supposer qu'existait une fresque murale, il ne reste qu'un immense mur nu de 6 m sur 4 qui a été recouvert d'un drap rouge, dont la couleur heurte les fidèles. Pourtant, il faudra attendre 2004 et la rencontre entre le recteur Henri Goyallan et l'artiste Yannick Guillevic, pour qu'un projet de peinture monumentale prenne forme et aboutisse.
C'est ce projet que le réalisateur Thierry Massé nous relate.
Pour placer son sujet, il remonte jusqu'aux années du traumatisme, interrogeant des personnes l'ayant vécu et des historiens locaux, entrecoupant ces témoignages d'images d'archives. On comprend mieux alors l'importance du projet et le désir du conseil pastoral à rendre ce fond d'autel plus vivant.
Alerté par ce même conseil, le recteur Goyallan, personnage quelque peu atypique pour un curé et fort sympathique, rencontre Yannick Guillevic et lui propose de travailler à cette fresque.
Le réalisateur va donc suivre pendant un an l'artiste, tout d'abord en pleine réflexion : quel thème choisir ? Comment le définir ?, et une fois ce dernier arrêté : le lavement des pieds, comment le présenter ? Appuyé dans ses recherches par un historien d'art, l'artiste devra présenter son travail devant la commission diocésaine d'art sacré et expliquer ses partis pris artistiques. Une fois le projet avalisé, le travail pictural commence en atelier, puis dans l'église jusqu'à sa consécration.
Hormis quelques longueurs et plans de coupe un peu maladroits, le réalisateur, dans une démarche sincère, a su nous donner à voir la genèse d'une œuvre d'art religieux, de la conception à la finition, le cheminement artistique et spirituel d'un artiste et les dispositions ecclésiastiques pour que l'œuvre soit retenue et déclarée œuvre sacrée.
Un documentaire qui s'est révélé intéressant d'autant que le sujet a été peu traité.

Moradores (Une Histoire de l'île de Groix)
Documentaire / Bretagne / 2007 / XX mn / Coul.
Réalisation: Jeanne Dressen.
Production : Les films d'Ilje
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De 1956 à 1974, l'immigration portugaise vers la France fut la plus importante des immigrations à l'intérieur de l'Europe. Fuyant la dictature de Salazar et l'enrôlement dans les guerres coloniales, plus de 500 000 portugais entrèrent en France durant cette période. L'île de Groix, située à quelques encablures de Lorient, dans le Morbihan, connut elle aussi ce mouvement lorsque, en 1966, fût décidé de la construction d'un barrage et que la main-d'œuvre étrangère construisait alors la France. Le documentaire de Jeanne Dressen brosse le portrait des Da Silva, famille portugaise qui est restée sur l'île. Etrangers parce que portugais, étrangers parce que non-îliens, les portugais de Groix de la première ou de la deuxième génération racontent leur quotidien d'alors et d'aujourd'hui. Ils évoquent leurs difficultés, leurs attentes, eux qui - quarante après - ne sont plus vraiment portugais ni encore totalement Groisillons.

No London today
Documentaire / Bretagne / 84' / 2007 / Coul.
Réalisation: Delphine Deloget.
Production : auto production.

En vacances à Calais, la réalisatrice Delphine Deloget rencontre Armand, Chafik, Aron, Henok, Ermias, Abraham, tous réfugiés sans papier de différents pays en guerre, qui attendent le moment propice pour traverser clandestinement la Manche et trouver asile en Angleterre. Le journal filmé de leur quotidien nous est livré à l'état brut : attentes et ennuis interminables dans un décor désolé, bagarres entre communautés plus ou moins rivales, courses poursuites avec la police, mais aussi discussions animées et souvent drôles, chansons de Bollywood, fous rires et disputes amicales...De ces quelques instantanés transparaît une émotion palpable. Emotion que l'on éprouve devant le destin terrible de ces jeunes hommes qui s'accrochent à l' espoir ténu d'avoir enfin une vie décente. Emotion de la réalisatrice aussi qui en quelques mots et quelques plans traduit l'amitié brève mais sincère qui l'a unie à eux. Cachée derrière sa caméra, on la devine parfois bouleversée et très impliquée dans la réussite éventuelle de l'aventure de ses amis. C'est sûrement ce qui rend si personnel ce document sur un sujet qui a pourtant été traité souvent. Certes, le rythme parfois lent et la longueur de certains plans demandent une certaine disponibilité d'esprit. Mais une fois qu'on se laisse porter par le récit de cette rencontre à la fois triste, gaie, belle et intense, on est à notre tour bouleversé et révolté par le sort qui est réservé à toute une partie de la population déshéritée du globe.

 

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